Extrait du Onzième chapitre « Sabrina ou les tribulations amoureuses et professionnelles d’une trentenaire »

« Tu parles, fulmine Sabrina en elle-même, vous êtes surtout très forts pour nous radier si on loupe une marche !

Enfin son tour arrive. L’agent d’accueil, une femme d’une cinquantaine d’années à la silhouette maigre et la mine avenante, examine sa convocation. Satisfaite, elle valide la présence de la jeune femme sur son ordinateur, puis lui fait signe d’aller patienter avec les autres autour d’une grande table. Sabrina obtempère et va s’asseoir au bout d’une travée de chaises inconfortables.

Pour se donner une contenance et aussi occuper la période d’attente, on ne sait jamais pour combien de temps on en a à poireauter, elle prend une revue et se met à la feuilleter d’un œil distrait.

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Extrait du Huitième chapitre « Sabrina ou les tribulations amoureuses et professionnelles d’une trentenaire »

« Et puis Sabrina doit l’admettre ; elle n’a aucune envie de revenir s’installer à Bordeaux. À ses yeux, même si la ville a développé un véritable dynamisme, cela fait trop longtemps qu’elle a quitté la vie provinciale et elle aurait l’impression de s’enterrer vivante dans un trou. Trilingue espagnol et anglais, c’est maintenant qu’elle doit se confronter à un univers multiculturel et international, pas dans vingt ans !

Elle a donc décidé de se montrer raisonnable et consulte des annonces issues de secteurs qui rentrent moins dans ses critères initiaux. Le seul problème, c’est qu’il y a très peu de postes en rapport avec son expérience, ou alors tellement sous-payés qu’elle a davantage intérêt à rester inscrite à Pôle Emploi que de se remettre à travailler.

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Extrait du Septième chapitre « Sabrina ou les tribulations amoureuses et professionnelles d’une trentenaire »

« Alors, Serge voudrait trouver les arguments pour l’aider à prendre conscience de la dure réalité de la vie et l’amener à sortir de ses rêves inaccessibles.

— J’aimerais voir ma petite fille sourire à nouveau, commence-t-il en posant le journal sur ses genoux.

Il se fait prudent et décide d’avancer pas à pas. Il connaît trop bien le caractère entier de Sabrina, sa fierté aussi à mener seule sa barque, à se croire indépendante.

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Ne crie jamais Victoire, 3ème et dernier extrait avant sortie officielle !

Bon, l’opus sort demain… Alors pour vous faire patienter, dernier extrait !

port-of-cherbourg

« — Tu m’parles sur un autre ton, d’accord ? C’est fini l’temps où tu me donnais des ordres !

— Je te signale qu’on nous regarde, abruti.

Effectivement, un ouvrier s’approche d’eux, la mine embarrassée de découvrir son patron en fâcheuse posture. D’abord hésitant quant à savoir s’il doit lui apporter son aide ou pas, il décide de prendre l’agresseur par les épaules pour le repousser en arrière. Celui-ci ne lui oppose aucune résistance, comme si toute sa pugnacité l’avait tout à coup abandonné.

— Eh ! Faudrait voir à pas embêter M’sieur Blain !

— Merci Jérôme, mon ami est un peu souffrant, mais il va se calmer.

Lambert semble désemparé. Il fixe le nouveau venu, ouvre la bouche comme le ferait un poisson sorti de son bocal et qui manquerait d’air. Conscient qu’il risque de tenir des propos inappropriés, Pierre Blain prend les choses en main.

— Vous pouvez retourner travailler, Jérôme.

— Vous êtes sûr ?

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Ne crie jamais Victoire, 2ème extrait

Comme je vous sais en transe, dans l’attente de la sortie de mon prochain opus, le 27 février, je vous fais de nouveau un petit cadeau pour vous faire patienter… et saliver… 🙂

« Il va tomber de haut. En parfait nombriliste, il est persuadé qu’elle ne supporterait pas de vivre sans lui, que la solitude l’effraie, qu’elle a besoin de son soutien moral, physique, voire matériel. Les dispute-de-couple-550x309hommes sont vraiment incroyables, pense Marina. Elle finance les frais et les charges grâce à son salaire et effectue la double journée en s’occupant de toutes les tâches ménagères. Ce soir, Jean est rentré plus tôt que d’ordinaire, le visage sombre, comme si le monde entier était ligué contre lui. Mais il n’a pas levé le petit doigt pour l’aider à préparer le repas, qu’ils avaleront comme tous les jours en dix minutes, les regards focalisés sur leurs assiettes pour ne pas avoir à s’expliquer.

Dans son dos, elle l’entend déambuler dans le minuscule deux-pièces qu’ils louent sur le port. Rien que cela ! Comment peut-on s’imaginer une existence harmonieuse dans un espace si réduit ? La seule chambre, c’est Céline qui l’occupe. Eux bivouaquent dans la salle de séjour. Chaque soir, ils déplient le convertible et s’efforcent de rester chacun dans leur moitié du lit. Il a dû renoncer au moindre travail d’approche depuis qu’elle lui a fait comprendre qu’il ne devait plus la toucher, de quelque manière que ce soit. Il doit satisfaire ses besoins sexuels ailleurs. Que lui importe ?

Exaltant ! Vivre à trois dans un quarante-huit mètres carrés : une préadolescente en crise, un conflit ouvert entre le père et la fille, un couple en déliquescence, ledit géniteur absent et égocentrique qui cocufie sa compagne à tour de bras, une mère sous pression, bref, le pied ! Ce soir, Marina ressent une sensation étrange, mélange de soulagement et aussi d’un peu de nostalgie.

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